Séjour en Absurdie

Dimanche 11 janvier 2009

Essayez de deviner ce que représentent les images dans la présentation animée ci-dessous :



Ces images sont extraites de l'exposition "Running the Numbers, an American Self Portait" réalisée par le photographe Chris Jordan qui ainsi met en lumière les millions d’objets qui s’accumulent sur la planète.


Cliquez ici pour accéder à son site web.

Par GAC Nivelles
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Mardi 1 avril 2008

Les associations du Pesticides Action Network Europe (PAN-Europe) publient les résultats d’une campagne d’analyses réalisée sur des vins d’Europe et du monde entier et dénoncent la contamination généralisée de ces vins par des résidus de pesticides.
40 bouteilles de vin rouge ont été analysées, en provenance de France, d’Autriche, d’Allemagne, d’Italie, du Portugal, d’Afrique du sud, d’Australie et du Chili. 34 étaient issues de l’agriculture intensive et 6 de l’Agriculture Biologique.
Résultats : 100% des vins conventionnels testés contaminés. En effet chaque échantillon testé contient en moyenne plus de 4 résidus de pesticides différents : les plus contaminés d’entre eux contenant jusque 10 pesticides !
Les vins biologiques analysés ne renferment pas de résidus de pesticides à l’exception d’un échantillon de Bourgogne dans lequel on a trouvé des quantités faibles d’un produit. Cette présence est expliquée par les dérives des pulvérisations en provenance des parcelles voisines.


# Le communiqué de presse du PAN Europe (en anglais)
# La synthèse de l'étude (en français)
# L'article du site Cdurable.info (en français)

Par GAC Nivelles
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Lundi 23 juillet 2007

Le journal "Le Soir" a diffusé récemment une intéressante statistique concernant la part de superficie consacrée à l'agriculture biologique. Edifiant !

Cliquez sur l'image pour l'aggrandir

En même temps, la FAO (Agriculture et Alimentation de l'ONU) vient de déclarer, lors de son congrès international de mai 2007, que l'Agriculture Biologique peut nourrir toute la planète et sans impact sur l'environnement.
Pour en savoir plus, découvrez le rapport de 14 pages de la FAO
http://www.liberterre.fr/gaiasophia/agriculture/agro-ecologie/teleagroecologie/rapportfaobio.pdf

Par GAC Nivelles
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Mercredi 2 mai 2007

(article de Claude-Marie Vadrot paru dans Politis le jeudi 12 avril 2007)

D'ici à la mi-juin, la France aura importé d'Espagne plus de 83 000 tonnes de fraises.
Enfin, si on peut appeler «fraises » ces gros trucs rouges, encore verts près de la queue car cueillis avant d'être mûrs, et ressemblant à des tomates. Avec d'ailleurs à peu près le goût des tomates...
Si le seul problème posé par ces fruits était leur fadeur, après tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d'avoir acheté un produit qui se brade actuellement entre deux et trois euros le kilo sur les marchés et dans les grandes surfaces, après avoir parcouru 1 500 km en camion. À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16 000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d'échappement. Car la quasi-totalité de ces fruits poussent dans le sud de l'Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l'une des plus fabuleuses réserves d'oiseaux migrateurs et nicheurs d'Europe.

Il aura fallu qu'une équipe d'enquêteurs du WWF-France s'intéresse à la marée montante de cette fraise hors saison pour que soit révélée l'aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française (dont une partie, d'ailleurs, ne pousse pas dans de meilleures conditions écologiques).
Ce qu'ont découvert les envoyés spéciaux du WWF, et que confirment les écologistes espagnols, illustre la mondialisation bon marché.

Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiètent déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national.
Officiellement, 60 % de ces cultures seulement sont autorisées ; les autres sont des extensions « sauvages » sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes.
Les fraisiers destinés à cette production, bien qu'il s'agisse d'une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l'hiver, pour avancer leur production.
À l'automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyl et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d'ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005) ; le second, composé de chlore et d'ammoniaque, est aussi un poison dangereux : il bloque les alvéoles pulmonaires.

Qui s'en soucie ? La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main-d'oeuvre marocaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au coeur de l'hiver... Un écologiste de la région raconte l'explosion de maladies pulmonaires et d'affections de la peau.

Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d'Andalousie, entraîne l'exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu'une trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers.

La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont soit emportées par le vent, soit enfouies n'importe où, soit brûlées sur place. Et les ouvriers agricoles sont priés de retourner chez eux ou de s'exiler ailleurs en Espagne. Remarquez : ils ont le droit de se faire soigner à leurs frais au cas ou les produits nocifs qu’ils ont respiré ...

La production et l'exportation de la fraise espagnole, l'essentiel étant vendu dès avant la fin de l'hiver et jusqu’en avril, représente ce qu'il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l'esprit du public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s'installer. Avant de venir de Chine, d'où sont déjà importées des pommes encore plus traitées que les pommes françaises...

Par Muguette Cozzi
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Lundi 30 avril 2007

(Extrait de "Construire une Ecorégion, ou comment restaurer la souveraineté alimentaire des régions françaises et européennes" - Christophe Bellec)

D’ordinaire, dès que l’on parle de reconquête de la souveraineté alimentaire, notre esprit pense immédiatement à une problématique frappant seulement les pays du Sud.

Un mauvais réflexe qu’il va falloir oublier, car les pays du Nord sont tout autant concernés par le sujet. En effet la souveraineté n’est pas une histoire de volumes de production pris dans sa globalité : c’est avant tout un problème d’adéquation à l’échelle d’un territoire entre une production agricole et alimentaire et les besoins de sa population, besoins pris dans leur diversité qualitative.
Dit de manière raccourcie, un terroir doit savoir nourrir son terroir de la fourche à la fourchette.

Rien ne vaut un bon exemple pour illustrer une situation. Prenons celle du Limousin, car elle est...exemplaire.
L’image qu’ont sans doute l’immense majorité des personnes est celle d’une région verte et fortement rurale. Une image tout à la fois réelle et trompeuse :
- réelle parce que le Limousin produit bien plus que sa consommation locale en terme de volumes de produits agricoles et alimentaires ;
- trompeuse parce que son niveau réel de souveraineté alimentaire ne dépasse pas… 10% !

Une dépendance alimentaire organisée à l’échelle mondiale

Comment diable peut-on expliquer un tel (grand) écart ?
Une analyse de l’ensemble de la filière agricole et alimentaire limousine permet de comprendre ce qui ressemble à une « descente aux enfers » dans la dépendance alimentaire.

Il faut déjà s’arrêter sur la production agricole locale, et ne plus regarder en volume mais en répartition par famille de produit.
On voit alors tout de suite la nature de l’agriculture limousine : celle d’une production hyperspécialisée basée sur trois produits, le bovin, la pomme et l’ovin, massivement développés pour l’export.
Pour le reste, c’est un peu « sauve qui peut » puisqu’elles sont toutes en diminution plus ou moins marquée.

Si le blé tendre (131% de taux d’indépendance alimentaire, TIA) et la production de lait (TIA 78%) s’en sortent encore, les oeufs (TIA 24%), les pommes de terre (TIA 23%, divisé par 7 en 30 ans !), les fruits hors pommes (TIA 18%) sont à des niveaux faibles.
Quant aux légumes frais (TIA 8% !) ou secs (TIA 1%), la volaille (TIA 10%) ou le blé dur pour les pâtes (TIA à 0%), la situation est alarmante.

Quant on fait l’adéquation globale entre besoins de la population et la production locale, on ne dépasse pas 52%. Mais cela ne fait que commencer…

Comment en est-on arrivé là ?

L’origine d’une telle situation dépasse le Limousin, puisqu’elle est à chercher dans la politique agricole mondiale, et c’est ici que Nord et Sud se retrouvent. Dès sa création en 1994, l’OMC a fait du dossier agricole l’une de ses priorités de libéralisation des marchés à l’échelle mondiale.

En Europe, les pays du Nord se préparent à cette perspective douloureuse pour leurs agriculteurs. la PAC (politique agricole commune) s’est orientée dès le milieu des années 80 dans la voie de la productivité, c’est à dire de l’agrandissement permanent des exploitations agricoles et de la concentration hyperspécialisée des productions à l’échelle de régions entières.
Le Limousin n’a pas fait autre chose : il s’est lancé dans la course à la compétitivité en ne se concentrant que sur le bovin, la pomme et le mouton. Quant aux autres produits, on comptera sur les autres régions, qu’elles soient voisines… ou à l’autre bout de l’Europe, voire du monde.

Transformation et distribution sont les deux lamelles de la coupe

44% d’autonomie, ce n’est que pour la production, car produire n’est pas tout : pour un grand nombre de produits, même les plus simples, il faut aussi transformer, préparer, mettre en conserve, abattre ou découper. On se retrouve dans le secteur de la transformation et des industries agroalimentaires.

Et c’est ici que le grand bal commence, car il n’y a rien de systématique entre la présence d’une production et la proximité des transformateurs associés.
Une illustration simple : le Limousin produit du lait mais dispose de peu d’ateliers de fabrication de fromages, de beurre ou de yaourts, et une part conséquente du lait quitte alors la région.

Plus frappant encore est la situation dans sa filière phare, le bovin.
Car ce que produit avant tout le Limousin ce n’est pas de la viande, mais du broutard, du bovin sur pattes qui prend la direction de l’Italie pour finir son engraissement, être abattu, transformé puis revendu, en Europe comme en France.
Raison : ça coûte moins cher en global, la filière italienne étant structurée depuis longtemps de manière industrielle et elle n’hésite pas à utiliser des pratiques de dumping social dans ses ateliers.
Même en produisant près de 7 fois sa consommation de viande bovine, la région arrive tout juste à être autonome sur sa transformation.

C’est à l’étape suivante qu’est apporté le coup de grâce à la souveraineté alimentaire réelle, par le biais des circuits de distribution et de vente.
On tombe ici sur un problème qui dépasse le Limousin : ce n’est pas parce qu’un produit alimentaire est récolté ou fabriqué dans une région qu’il va réussir à y être commercialisé et consommé.
Les circuits courts de distribution, même s’ils existent (marchés, vente directe), sont marginaux en volume face à la grande distribution qui contrôle désormais près de 90% du commerce de détail en France avec 5 centrales d’achat seulement. Même les épiceries de quartier ont du mal à leur échapper.

L’obsession de ces centrales d’achat est claire : le prix, le prix, le prix.
Elles s’en défendent en disant que c’est aussi celle de ses clients consommateurs, un argument qui n’est pas faux mais dissimule mal le fait qu’ils ne parlent pas du même prix : c’est le prix d’achat aux fournisseurs qui ne cesse de descendre, mais pour ce qui est du prix de vente, rassurez-vous, il a plus de mal à suivre le mouvement…
Une telle pression sur les fournisseurs ne peut qu’accélérer la concentration industrielle des groupes agroalimentaires, ce qui explique aussi pourquoi le tissu agro-industriel de certaines régions comme le Limousin se restreint, voire se délite.

Transformation et grande distribution : en deux « coups de lame », voici la souveraineté alimentaire du Limousin rasée de près et ne dépassant plus les 10% dans la réalité quotidienne du contenu des assiettes.
Vous l’avez compris, cette situation est bien sûr partagée par la plupart des autres régions françaises et d'Europe de l'Ouest, parfois meilleure, parfois pire.
Il s’agit bien d’un problème à l’échelle mondiale, une forme de « désorganisation » très bien organisée.

Pour avoir une petite idée de notre degré de dépendance alimentaire, il suffit de constater à quelle vitesse nos étals de fruits, légumes et viandes peuvent se vider et ne plus se remplir lorsque les transporteurs décident de se mettre en grève plusieurs jours...

Par GAC Nivelles
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